Préparé par le Service des relations publiques
Direction des communications
Société de l'assurance automobile du Québec
Questions
Réponses
Q1 : À quel moment la Société a-t-elle
appris que des coussins gonflables reconstruits présentaient
un danger réel pour la sécurité?
La Société en a été informée
le 27 juin 2001 à la suite d'une plainte d'un
citoyen. (Cette plainte ne résultait pas d'un
accident ayant entraîné un déploiement.)
Elle s'est alors empressée de faire une enquête. C'est ainsi qu'elle a mandaté le Centre d'essais de PMG Technologie de Blainville de vérifier en laboratoire la sécurité des coussins reconstruits. Ces tests ont été réalisés entre le 28 août et le 13 novembre et le rapport préliminaire de l'École polytechnique de Montréal a été produit à la Société le 14 novembre 2001.
Q2 : Quel genre de test a été effectué à l'École
polytechnique de Montréal et qui a dirigé ces
tests?
Les tests ont été dirigés par M. Michel
Gou, ingénieur au Département de génie
mécanique de l'École polytechnique de
Montréal. Il s'agissait alors de démonter
et d'observer visuellement l'intégrité de
toutes les composantes des coussins ainsi que de vérifier
l'aspect mécanique et les composantes chimiques.
Q3 : Quelle a été la conclusion des tests? Quels sont les risques pour les occupants des véhicules automobiles qui en sont munis?
Q4 : Pourquoi avez-vous choisi l'École polytechnique
de Montréal pour réaliser ces tests?
L'École polytechnique est la seule à posséder
l'expertise technique en sécurité routière,
notamment dans le secteur des coussins gonflables.
Q5 : Y a-t-il eu des décès liés à ces
coussins gonflables reconstruits?
Selon nos informations, jusqu'ici, aucun décès
n'est lié à ce genre de coussins.
Q6 : Quelles mesures la Société a-t-elle
prises au mois de novembre 2001 pour assurer la sécurité des
gens?
La Société a rencontré l'entreprise
Coussins gonflables Demers inc. les 16 et 21 novembre 2001
et a exigé le rappel de certains coussins gonflables
reconstruits par celle-ci et installés dans les véhicules
de marques Escort des années 1997 à 1999 et
Focus 2000-2001. Le commerçant devait donc communiquer
sans délai avec les clients concernés par le
rappel en les informant des risques pour leur sécurité et
en les enjoignant de se rendre chez un concessionnaire ou
un garagiste compétent en la matière pour faire
désactiver les coussins reconstruits dans les plus
brefs délais. Par la suite, l'entreprise devait
remplacer, à ses frais, les coussins reconstruits
par des coussins gonflables d'origine. Pour informer
la population de ce rappel, la Société a diffusé un
communiqué de presse le 21
novembre 2001.
Le 22 novembre, la Société obtenait d'autres renseignements par déclaration assermentée. Cette déclaration démontre que des véhicules, autres que les marques Escort et Focus, sont également munis de coussins reconstruits de façon artisanale qui peuvent entraîner des blessures graves à la tête ou à la partie supérieure du corps lors du déploiement.
Le 23 novembre, soupçonnant que le dossier pouvait présenter des éléments criminels, la Société a contacté la Division des crimes économiques de la SQ, qui a entrepris une enquête afin de vérifier cet aspect des choses concernant les entreprises Coussins gonflables Demers inc. et National sacs gonflables inc., soit les deux entreprises actuellement connues au Québec pour faire le commerce de ce type de produits. Cette enquête suit son cours de façon distincte de celle de la Société.
La Société a diffusé de nouveaux communiqués de presse les 27 novembre2001 et 29 novembre 2001. Elle a aussi publié un avis (PDF) dans tous les quotidiens du Québec le 29 novembre 2001.
De plus, elle a demandé la collaboration de la Corporation des concessionnaires automobiles, des associations de carrossiers, des recycleurs et des compagnies d'assurances.
Q7 : Qui fabrique ce type de coussin gonflable? (Nombre
de fabricants au Québec et au Canada?)
Nous connaissons actuellement un seul fabricant de coussins
reconstruits qui travaille dans la région de Québec
et qui possède deux entreprises, soit Coussins gonflables
Demers inc. et National sacs gonflables inc.
Q8 : Est-ce que la Société connaissait l'existence
de ce fabricant de coussins gonflables reconstruits?
Oui. Aucune réglementation ne régissait la
fabrication ou la vente de coussins gonflables reconstruits.
Rien n'interdisait la commercialisation de ce produit
dans la mesure où les coussins reconstruits étaient
adéquats.
Q9 : Y a-t-il des règles régissant la fabrication
et la vente de coussins gonflables reconstruits?
Il n'y a aucune loi ou règlement qui interdit
la fabrication ou la vente de coussins reconstruits. De plus,
il n'y a aucune loi qui oblige d'utiliser un
coussin gonflable d'origine lors d'un remplacement.
Par contre, selon l'article 212.1 du Code de la sécurité routière,
la Société peut exiger le retrait, la réparation
ou la modification d'équipements qui n'ont pas été installés
par le fabricant d'un véhicule routier s'ils présentent
des risques pour les usagers de la route.
Q10 : Pourquoi n'y a-t-il pas de loi qui encadre
ce type de coussins reconstruits?
La reconstruction des pièces automobiles est très
courante et il serait impossible de réaliser ou d'exiger
des tests sur toutes les pièces réusinées.
Selon la réglementation actuelle, nous demandons que
les pièces soient remplacées par des pièces
adéquates. Dès qu'un produit est inadéquat,
nous pouvons intervenir pour exiger le retrait, la réparation
ou la modification d'équipements s'ils
présentent des risques pour les usagers de la route.
Q11 : Est-ce qu'ailleurs au Canada ou aux États-Unis
il y a des règles en ce sens?
Aucune province au Canada n'interdit la vente ou la
fabrication de coussins reconstruits. À notre connaissance,
seul le Québec prévoit l'obligation de
remplacer les coussins après le déploiement.
Q12 : Quelle est la différence entre un coussin gonflable reconstruit et recyclé?
Q13 : Est-ce que la Société de l'assurance
automobile du Québec pense mettre de l'avant
des règles précises concernant les coussins
gonflables reconstruits?
Le ministre des Transports du Québec a l'intention
de présenter une modification législative pour
interdire la vente ou l'installation de coussins gonflables
reconstruits.
Q14 : Comment fonctionne un coussin gonflable?
Les coussins gonflables sont reliés à des
détecteurs qui perçoivent une soudaine décélération.
Ils se déploient normalement quand les détecteurs
enregistrent une collision frontale assez grave pour les
activer. Les détecteurs envoient alors un signal électrique
déclenchant une réaction chimique qui dégage
de l'azote gazeux inoffensif et gonfle le coussin.
Ce processus se déroule très rapidement, en
moins d'un vingtième de seconde, plus vite qu'un
clignement des yeux. Les coussins gonflables se dégonflent
après avoir absorbé l'énergie
d'un occupant.
Q15 : Est-ce que les coussins gonflables sont obligatoires
sur les véhicules neufs au Canada?
Au Canada, l'installation de coussins gonflables dans
les véhicules neufs n'est pas obligatoire. Cependant,
lorsqu'ils sont présents, ils doivent être
conformes à des exigences précises en matière
de sécurité. Transports Canada établit
des normes de rendement et ne précise pas les dispositifs
que les fabricants doivent utiliser.
Au Québec, lorsqu'un véhicule est muni de coussins gonflables, ceux-ci doivent être en bon état de fonctionnement et remplacés au besoin.
Q16 : Quels sont les recours possibles pour les consommateurs
aux prises avec un problème de coussins gonflables
reconstruits?
L'Office de la protection du consommateur (OPC) publiait
récemment un communiqué de presse (le 6 février
2002) indiquant que des recours étaient toujours possibles
pour les consommateurs québécois aux prises
avec un problème de coussins gonflables reconstruits,
et ce, malgré le fait que les entreprises Coussins
gonflables Demers inc. et National sacs gonflables inc. se
soient placées sous la protection de la « Loi
sur la faillite » (le 20 décembre 2001).
L'OPC a par ailleurs préparé deux trousses de documents à l'intention des consommateurs désirant exercer des recours devant les tribunaux : la première, relative aux achats de véhicules d'occasion équipés de coussins défectueux et la seconde, pour les cas de réparation effectuée sur une voiture accidentée. Les consommateurs peuvent demander leur trousse par téléphone au 1 888 OPC-ALLO (1 888 672-2556) ou par Internet à l'adresse www.opc.gouv.qc.ca.
Q17 : En date du 11 mars 2002, combien de coussins reconstruits
ont été remplacés au Québec et à l'extérieur
du Québec?
Au Québec, la Société peut confirmer
que 107 coussins reconstruits ont été désactivés
et 131 remplacés, mais ceci ne correspond pas au portrait
réel de la situation, car il est possible que des
coussins reconstruits aient été remplacés à l'insu
de la Société. En effet, très peu de
carrossiers et de concessionnaires ont répondu à notre
demande de rétroinformation.
Concernant la situation dans les autres provinces canadiennes, les rappels sont gérés par chacune des Administrations concernées et le Québec n'a pas l'information quant au nombre de coussins remplacés ou désactivés.
Q18 : Comment expliquez-vous ce faible taux de réponse?
La Société a tout fait pour faciliter le suivi
des rappels.
Dès que les premiers tests ont démontré la présence d'un danger pour les occupants des véhicules, soit en novembre dernier, nous en avons informé la population. D'abord, nous avons diffusé un communiqué de presse le 21 novembre pour rappeler les coussins reconstruits installés dans des véhicules de marque Ford Escort des années 1997 à 1999 et Focus 2000 et 2001.
Puis, d'autres tests ont démontré qu'une mise en garde sévère devait s'appliquer à tous les coussins reconstruits. En effet, ce type de coussins représente un danger important de blessures graves pour les occupants des véhicules qui en sont équipés.
C'est pourquoi nous avons tenu une conférence de presse le 27 novembre dernier et obtenu de la Cour une injonction contre les entreprises concernées afin qu'elles cessent la vente de tels coussins.
Le même jour, le ministre des Transports faisait parvenir une lettre au ministre fédéral des Transports, ainsi qu'à tous ses homologues provinciaux afin de les informer de la situation.
Par la suite, poursuivant ses mises en garde contre les coussins reconstruits, la Société a publié deux avis publics dans les quotidiens du Québec les 29 novembre et 1er décembre, et diffusé un message radio du 17 décembre 2001 au 9 janvier 2002. Le 17 décembre, la Société faisait aussi parvenir une lettre à tous les propriétaires de véhicules reconstruits depuis 1998, ce qui représente près de 30 000 personnes, les avisant de faire désactiver le plus tôt possible tout coussin reconstruit et de les faire remplacer par des coussins neufs.
Au cours du mois de décembre, la Société a écrit à tous les concessionnaires et carrossiers du Québec pour les informer et demander leur collaboration. La Société a tout fait pour leur faciliter la tâche. En effet, elle leur a fait parvenir un document contenant une liste d'indicateurs pour les aider à reconnaître la présence d'un coussin reconstruit dans un véhicule. De plus, elle a mis exclusivement à leur disposition un télécopieur et une ligne téléphonique de soutien technique. La Société leur a également fait parvenir une fiche de rétroinformation afin de connaître le suivi de leurs interventions.
Par ailleurs, la Société a aidé les entreprises Coussins gonflables Demers inc. et National sacs gonflables inc. à mettre en place un processus de rappel auprès des acheteurs de coussins reconstruits. Ces acheteurs, principalement des carrossiers, devaient retracer les propriétaires de véhicules concernés et retourner à la Société une fiche de suivi pour identifier les véhicules impliqués. Ils devaient également informer la Société s'ils avaient rejoint ou non leurs clients.
Enfin, pour répondre à la question, il faudrait demander aux carrossiers et aux concessionnaires pourquoi ils n'ont pas retourné leurs fiches.
Q19 : Que compte faire la Société pour que
les gens remplacent les coussins reconstruits dans leurs
véhicules?
Avec la conférence de presse du 11 mars 2002, la
Société veut relancer le rappel amorcé en
novembre dernier, car elle juge insatisfaisant les résultats
obtenus jusqu'ici. La Société communiquera
de nouveau avec les clients des entreprises de Demers et
tous les concessionnaires et carrossiers du Québec.
Elle insistera encore plus sur leur responsabilité de
communiquer avec les propriétaires des véhicules
concernés et sur le danger que présentent les
coussins reconstruits en leur remettant la vidéocassette
des tests de déploiement réalisés par
l'École polytechnique de Montréal. De
plus, elle écrira de nouveau à tous les 30 000
propriétaires de véhicules reconstruits depuis
1998 en y joignant une photo montrant les dangers que peut
entraîner l'utilisation de coussins reconstruits.
Q20 : Est-ce que des poursuites criminelles sont entreprises
auprès de M. Demers?
Ceci relève de l'enquête de la Sûreté du
Québec. Seule la SQ pourrait faire le point à ce
sujet.
Q21 : Quelles seraient les nouvelles mesures légales
liées au coussin gonflable?
Le Code de la sécurité routière serait
modifié afin que soit permise seulement l'utilisation
d'un coussin neuf provenant d'un fabricant de véhicule
routier.
Il serait interdit de réparer un coussin déployé et d'installer un coussin recyclé, c'est-à-dire un coussin qui n'a jamais été déployé.
Il serait toutefois permis de réinstaller dans le même véhicule le coussin gonflable qui n'a jamais été déployé et qui a été enlevé aux seules fins de réparer le véhicule.
Q22 : Quelle serait l'amende liée à ces
nouvelles mesures?
Quiconque contreviendrait à ces mesures serait passible
d'une amende de 3 760 $ à 11 260 $ par module de coussin gonflable. Ce montant, sous réserve de modification, comprend l'amende prévue au Code de la sécurité routière, les frais de greffe ainsi qu'une contribution à l'IVAC, (d'autres frais peuvent s'ajouter).
Q23 : Pourquoi le Québec veut-il interdire l'utilisation
de coussins gonflables recyclés?
Parce que nous ne sommes pas en mesure de garantir le déploiement
sécuritaire de ce type de coussin en cas d'impact.
D'autres partenaires importants partagent notre position à l'égard des coussins recyclés. Ainsi, les manufacturiers automobiles, Transports Canada et le National Highway Traffic Safety Administration déconseillent l'utilisation de coussins recyclés.
Voici leurs mises en garde :
Mentionnons que le Groupement des assureurs automobiles recommande lui aussi de toujours utiliser des coussins neufs provenant du manufacturier lors d'un remplacement.
Rappelons que, de façon concrète en décembre dernier, la Société diffusait, à l'intention de ses mandataires en vérification mécanique, une directive afin qu'ils n'acceptent pas l'utilisation d'un coussin recyclé dans le cadre du programme d'inspection d'un véhicule reconstruit. Seul un coussin gonflable neuf est accepté dans ce programme. À titre de renseignement, en 2001, il y a eu 3 081 véhicules visés par ce programme.
Enfin, un groupe de travail pancanadien a été créé, sous la présidence de la Société de l'assurance automobile du Québec, pour encadrer l'utilisation des coussins gonflables reconstruits ou recyclés.
Q24 : Est-ce que les propriétaires de véhicules
résidant à l'extérieur du Québec
ont été rejoints?
Tous les acheteurs de coussins reconstruits des entreprises
concernées ont été rejoints, qu'ils
soient du Québec ou des autres provinces. Pour les
cas hors Québec, la liste des acheteurs et un relevé de
leurs transactions ont également été remis
aux Administrations concernées afin qu'elles
puissent faire un suivi des rappels.
Q25 : Comment s'effectue le suivi des rappels avec
les autres provinces impliquées dans ce processus?
Allez-vous faire de la publicité dans les quotidiens
de ces provinces?
Le suivi sera fait par chacune des provinces concernées.
La décision de publiciser les rappels appartient aux
Administrations visées.
Par ailleurs, un représentant de la Société communique régulièrement avec les représentants des Administrations canadiennes pour les informer des modalités de rappel. La Société a également mis à la disposition de la clientèle des renseignements en anglais sur son site Internet.
Q26 : Que doit faire la personne qui ne peut remplacer
ses coussins reconstruits en raison d'un manque d'argent?
Par mesure de sécurité, il est primordial
de faire désactiver temporairement les coussins reconstruits
par un concessionnaire autorisé. Pour sa sécurité,
le propriétaire du véhicule doit faire remplacer
les coussins reconstruits le plus rapidement possible. Il
est très important que la personne comprenne bien
les avantages liés à l'utilisation de
coussins gonflables et les risques de blessures qui peuvent
se produire en circulant avec un véhicule dont les
coussins sont désactivés. La personne doit
prendre les moyens nécessaires pour obtenir l'argent
le plus tôt possible afin qu'elle puisse faire
remplacer les coussins.
Si elle a fait affaire avec un assureur, un vendeur de véhicules d'occasion, un concessionnaire ou un carrossier, elle peut leur demander s'ils acceptent de la rembourser. En cas de refus, la personne peut vérifier ses recours auprès de l'Office de la protection du consommateur en composant le 1 888 672-2556 ou en consultant le site officiel de l'Office : www.opc.gouv.qc.ca.
Q27 : Une personne possède un véhicule reconstruit
qu'elle doit soumettre à la vérification
mécanique avant d'obtenir son immatriculation.
La vérification mécanique démontre que
le véhicule n'est pas conforme, car il est muni
de coussins reconstruits. Que doit faire la personne qui
ne peut remplacer ses coussins gonflables en raison d'un
manque d'argent?
Contrairement à la situation précédente,
la personne doit immédiatement faire remplacer ses
coussins reconstruits par des coussins d'origine, car
il s'agit d'un véhicule reconstruit qui
n'a pas encore obtenu le droit de circuler. Avant d'obtenir
l'immatriculation de son véhicule, la personne
doit remettre à la Société un certificat
de vérification mécanique conforme à la
réglementation, ce qui n'est pas le cas avec
des coussins reconstruits ou recyclés.
Dans un processus de vérification mécanique, la Société a les pouvoirs légaux pour exiger l'utilisation d'équipements adéquats afin d'assurer la sécurité des usagers de la route.
Q28 : La Société connaissait l'existence
de Coussins gonflables Demers inc. depuis 1998. Pourquoi
n'a-t-elle pas alors réalisé des tests
sur les coussins reconstruits?
Aucune raison ni aucun motif ne nous permettaient de croire
que les coussins reconstruits étaient dangereux. Dès
que la Société a eu une raison d'intervenir
au mois de juin 2001, elle a agi avec diligence et réalisé les
tests nécessaires pour obtenir la preuve que ces coussins étaient
dangereux.