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Alcool au volant en Beauce-Etchemin - Le noyau dur : les hommes de 16 à 24 ans

Sainte-Marie de Beauce, le 29 juin 1998 - La Société de l’assurance automobile du Québec a rendu publics aujourd’hui les résultats d’une enquête téléphonique sur l’alcool au volant réalisée auprès de la population beauceronne. Cette enquête visait à expliquer le triste bilan routier enregistré dans la région Beauce-Etchemin au cours des dernières années. Selon les données du Bureau du Coroner, on retrouve dans la région Beauce-Etchemin le plus haut pourcentage de conducteurs décédés avec de l’alcool dans le sang, soit 58 % comparativement à 43 % pour l’ensemble de la province. L’enquête s’inscrit dans le cadre des travaux de la Table de concertation Beauce-Etchemin pour la prévention de l’alcool au volant.

À la lumière de ce sondage, il semble que les Beaucerons, de façon générale, ne consomment pas plus fréquemment d’alcool ni en plus grande quantité que les autres Québécois. Toutefois, on retrouve dans cette population un noyau de grands consommateurs qui serait particulièrement à risque pour la conduite avec les capacités affaiblies. Ainsi, parmi les 1004 répondants à ce sondage, 7,3 % ont répondu avoir déjà pris plus de 10 consommations en une même occasion au cours des 12 derniers mois. À l’échelle provinciale, ce taux est de 4,3 %. Ce type de consommateurs se retrouve principalement chez les jeunes de 16 à 19 ans (24 %) et les 20 à 24 ans (13 %).


Habitudes de consommation des beaucerons
L’enquête a aussi révélé des différences importantes en ce qui concerne les habitudes de consommation entre les Beaucerons et le reste des Québécois. Les Beaucerons boivent plus fréquemment dans les bars (18 %) que le reste des Québécois (8,4 %). Inversement, ils boivent moins fréquemment à la maison. Évidemment, il s’agit d’un facteur de risque pour la conduite avec les capacités affaiblies puisqu’ils doivent se déplacer pour consommer. Ceci est d’autant plus inquiétant que 8,3 % des gens déclarent consommer « avant de partir pour une soirée ou un party » alors qu’il y en a 2,7 % pour l’ensemble du Québec. Compte tenu de la faible accessibilité à d’autres moyens de transports, tels le taxi ou l’autobus dans la région Beauce-Etchemin, la situation est très préoccupante.

La bière des grandes brasseries est de loin la boisson la plus populaire chez les Beaucerons. Dans la Beauce, 63 % des consommateurs prennent de la bière comparativement à 44 % pour l’ensemble des Québécois. Il est reconnu dans la littérature scientifique que la conduite avec les capacités affaiblies est davantage liée à la consommation de la bière.

Le sondage révèle aussi que seulement 3,1 % des Beaucerons interviewés ont déclaré avoir pris le volant après avoir consommé plus de cinq consommations alors que cette proportion était de 2,1 % pour l’ensemble du Québec. Même si cette différence est faible, elle pourrait expliquer le taux de mortalité plus élevé dans la Beauce. Par exemple, le fait de prendre cinq consommations et plus avant de conduire peut multiplier par au moins dix le risque d’accident mortel. Ainsi, un nombre très restreint d’individus peut être à l’origine d’un grand nombre d’accidents.

Cette enquête montre également que la réprobation sociale à l’égard de l’alcool au volant est plus faible en Beauce-Etchemin qu’ailleurs. Par exemple, la proportion de Beaucerons qui se dit fortement d’accord avec le fait qu’il n’y a aucune excuse pour conduire avec les capacités affaiblies est de 65 % comparativement à 74 % pour l’ensemble des Québécois.

Une autre statistique préoccupante est liée au fait que les gens acceptent assez facilement d’être passagers de quelqu’un qui a trop bu. Ainsi, dans l’ensemble de la population beauceronne, c’est tout près de 10 % des gens qui disent avoir été passagers de quelqu’un qui, à leur avis, avait trop bu pour conduire. Ce comportement est particulièrement fréquent chez les jeunes de 16 à 19 ans (44 %) et de 20 à 24 ans (28 %). La principale raison invoquée est qu’il n’y avait pas d’autre moyen de transport.

À la lumière des résultats de cette enquête, il s’avère important de poursuivre les efforts de sensibilisation afin d’accroître le niveau de réprobation sociale. De plus, les efforts de surveillance policière devront être maintenus. Finalement, on devra favoriser la mise en place d’autres moyens de transport pour pallier la conduite avec les capacités affaiblies.

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Dernière modification : 2012-10-11