Écrivez-nous!


Communiqués

Étude sur l'usage de l'alcool et des drogues chez les conducteurs québécois - Premiers résultats concernant la cocaïne et les accidents mortels

Québec, 23 octobre 2001. - Au cours des dernières décennies, on a reconnu que l'alcool était la drogue qui causait le plus de problèmes sur les routes et les autres drogues, comme la cocaïne, ont peu retenu l'attention. Comme partout ailleurs en Amérique du Nord, la contribution de l'alcool aux accidents mortels a considérablement diminué au Québec. La proportion de conducteurs décédés avec une alcoolémie supérieure à 80 mg % a diminué, passant de 35 % au début des années 1990 à 22,5 % en 1999. De même, les enquêtes routières révèlent que la proportion de conducteurs en état d'ébriété sur la route la nuit est passée de 3,2 % en 1991 à 2,0 % en 1999. L'amélioration obtenue par la lutte contre l'alcool au volant soulève maintenant le problème du risque de substitution de l'alcool par d'autres drogues, incluant la cocaïne.

Dans ce contexte, la société de l'assurance automobile du québec a mené, en 1999, une vaste étude sur l'usage de l'alcool et des drogues (communiqué du 23 juillet 1999) chez les conducteurs québécois, dont un volet fut rendu public en janvier 2000 (communiqué du 28 janvier 2000), et qui identifiait les drogues détectées chez les conducteurs. l'analyse toxicologique avait permis de retracer des drogues dans les proportions suivantes : cannabis (5,2 %), benzodiazépines (3,7 %), cocaïne (1,1 %), opiacés (1,1 %), barbituriques (0,4 %), amphétamines (0,07 %) et pcp (0,03 %).


Premiers résultats sur la contribution des drogues aux accidents mortels
La Société de l'assurance automobile du Québec rend maintenant publics aujourd'hui les premiers résultats de l'étude sur la contribution des drogues aux accidents mortels dont la cueillette d'information s'est déroulée d'avril 1999 à décembre 2000. Ces résultats visent à vérifier si, comme l'alcool, la cocaïne joue un rôle dans les accidents mortels.

Pour des résultats exhaustifs, l'analyse a été effectuée en combinant les dossiers d'accidents de la route produits par les coroners, le laboratoire de médecine légale et les services policiers à la suite des décès de 265 conducteurs de véhicules de tourisme. On entend par véhicules de tourisme les automobiles, les mini-fourgonnettes, les véhicules utilitaires et les camionnettes.

De plus, en août 1999 et 2000, deux enquêtes routières (communiqué du 26 juillet 2000) ont permis de dresser un groupe témoin de 11 952 automobilistes qui ont fourni des échantillons d'haleine, de salive et d'urine.

Quatre constatations principales se dégagent de l'étude :


La cocaïne joue un rôle dans les accidents mortels
Les analyses effectuées suggèrent clairement que la consommation de cocaïne joue un rôle dans les accidents mortels. Globalement, la présence de cocaïne augmente par un facteur de 6 les chances d'être impliqué dans un accident mortel. De plus, il a été démontré que le risque augmente encore davantage avec la combinaison de plusieurs drogues : cocaïne + une drogue (cannabis ou alcool) ou cocaïne + deux drogues (cannabis et alcool). Dans tous les cas étudiés de consommation de cocaïne, le conducteur a été jugé responsable de l'accident.


La cocaïne est souvent associée avec la consommation d'autres drogues
L'euphorie créée par la cocaïne dure généralement moins de 45 minutes et le goût d'en reprendre fréquemment caractérise donc les usagers réguliers et les cocaïnomanes. Les envies de cocaïne sont habituellement suivies de ce qu'on appelle un « abattement », état d'hypersomnolence et de léthargie qui peut durer jusqu'à 96 heures dans le cas d'une forte consommation.

Au début, l'abattement est une intense dépression accompagnée d'anxiété, et le besoin de stimulant est remplacé par le besoin de sommeil, ce qui peut mener à la consommation d'alcool, de cannabis, de benzodiazépines ou de sédatifs. Or, c'est précisément ce que l'on a observé dans cette étude puisqu'une autre drogue a été détectée dans plus de 75 % des cas de présence de cocaïne.

Par ailleurs, les résultats montrent que le cannabis pourrait être ou devenir la drogue la plus souvent combinée avec la cocaïne, et ce, à la place de l'alcool, notamment à la suite de la baisse de la contribution de l'alcool aux accidents mortels au Québec. L'amélioration constatée au sujet de l'alcool fait également naître le risque que d'autres drogues, notamment la cocaïne et le cannabis, soient substituées à l'alcool.


Les hommes de 16 à 45 ans sont la clientèle à risque
D'après les analyses, la consommation de cocaïne est essentiellement concentrée chez les hommes de 16 à 45 ans, et ce, de façon uniforme. Aucun cas de cocaïne n'a été décelé chez les 55 ans et plus.


L'alcool demeure la drogue qui cause le plus de problèmes
Des 178 conducteurs décédés pour lesquels on a pu obtenir un échantillon d'urine, 7,9 % avaient consommé de la cocaïne et 21,3 % de l'alcool. L'alcool demeure donc la drogue la plus problématique en sécurité routière.

Enfin, l'association entre la cocaïne et les accidents mortels peut ne pas révéler un lien de cause à effet, mais plutôt un lien avec d'autres facteurs comme une personnalité à la recherche de sensations fortes. La présente étude ne montre pas que la modification du comportement après la consommation de cocaïne cause des accidents mortels, mais elle donne clairement à penser qu'elle y joue un rôle direct ou indirect.

La Société de l'assurance automobile du Québec présentera l'ensemble des résultats de cette étude d'envergure lors de la 16e Conférence internationale sur l'alcool, les drogues et la sécurité routière, qui se tiendra au Palais des congrès de Montréal, du 4 au 9 août 2002.

.
.
A  •  A+  •  A++   •Imprimer    •Envoyer à un ami  
.
Dernière modification : 2012-10-11